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26 janvier 2011

Une découverte de l’Université de Sherbrooke pourrait changer l’avenir des antibiotiques

Auteur : Sherbrooke Innopole

Sherbrooke Innopole est fière de souligner la sélection des travaux du chercheur Daniel Lafontaine, professeur au département de biologie de l’Université de Sherbrooke, et de son équipe parmi les 10 découvertes de l’années 2010 selon la revue Québec Science. Sa découverte, une nouvelle classe d’antibiotiques, pourrait être très utile dans la lutte contre les bactéries multirésistantes.

Le « Prix du public Québec Science – Découverte de l’année 2010» sera aussi remis : vous avez jusqu’au 25 février 2011 pour faire votre choix en visitant le site web de Québec Science. Votez en grand nombre!

Voici un extrait de l’article « Le secret du Riboswitch » par Marie-Pier Elie :


Les découvertes les plus spectaculaires surviennent parfois là où on les attend le moins. Daniel Lafontaine, professeur au département de biologie de l’Université de Sherbrooke, en sait quelque chose. Plongé depuis des années dans les méandres de la biologie moléculaire, il n’avait que très peu entendu parler des infections causées par les bactéries multirésistantes. C’est pourtant lui qui vient d’élaborer le prototype d’une toute nouvelle classe d’antibiotiques qui pourraient bien un jour en venir à bout! «À l’origine, je m’intéressais au fonction­nement des cellules, mais je ne pensais pas aux applications possibles de mes recherches», insiste-t-il.

Depuis la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming, en 1928, bactéries et antibiotiques se livrent une lutte sans fin: les premières développent de plus en plus de résistance, et les seconds sont de plus en plus puissants. Des bactéries comme Clostridium difficile et Staphylococcus aureus sont devenues de tels monstres qu’à peu près aucun antibiotique ne peut venir à bout de certaines souches. Et lorsqu’elles colonisent les hôpitaux, elles peuvent rendre les patients encore plus mal en point qu’ils ne l’étaient.

Mais Daniel Lafontaine ne s’intéressait pas à tout cela. Il consacrait plutôt ses énergies à démystifier le fonctionnement d’une structure tapie au cœur des cellules vivantes, un «riborégulateur» (riboswitch, dans le jargon anglo-scientifique): «Une portion d’ARN messager qui, en se liant à une molécule qu’on appelle ligand, régule l’expression d’un gène.»

Puis un jour, l’un de ses étudiants a eu une idée. Jérôme Mulhbacher a voulu savoir si, en interférant avec un riboré­gulateur présent dans les bactéries pathogènes, on pourrait perturber leur mé­cani­que interne au point de les faire mourir.

«En contrôlant l’expression d’un gène, un riboswitch agit comme un interrupteur qui régule la quantité de certains composés essentiels au bon fonctionnement de la cellule», explique-t-il. Réussir à perturber ce fonctionnement suffisamment pour tuer une bactérie – qui est composée d’une seule cellule –, nécessitait d’identifier un gène essentiel à sa survie, quand celle-ci est en situation d’infection.

Deux étages sous le laboratoire de Daniel Lafontaine, l’équipe de François Malouin, lui aussi professeur au département de biologie et coauteur de cette recherche, venait justement de mettre en lumière le rôle essentiel du gène guaA chez le Staphylococcus aureus, lorsqu’il infecte les glandes mammaires d’une vache. «Si on bloque l’expression de ce gène, l’infection ne peut se développer», résume le microbiologiste.

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