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Josiane Guay

13 mai 2013

Quand les déchets des uns deviennent les ressources des autres

Auteur : Josiane Guay

Et si les déchets de votre entreprise devenaient les matières premières de l’usine voisine, qui en retour vous alimenterait en énergie? Vos coûts de disposition de matières résiduelles s’en trouveraient réduits, ceux liés à votre consommation d’énergie aussi. En économisant sur ses coûts d’acquisition de matières premières, l’autre entreprise y trouverait également son compte. Et l’environnement aussi. Tout ça est possible, et plus encore, en suivant l’avenue de l’écologie industrielle.

Vendus à cette approche qui permet d’améliorer à la fois sa performance financière et environnementale, les trois conférenciers-invités au déjeuner du GATE du 3 mai 2013 ont exposé aux quelque 65 personnes présentes comment l’appliquer.

GATE Écologie industrielle (1)

Jacques Vidal, directeur – Stratégie et innovation chez Sherbrooke Innopole, Chloé Legris, directeur, Développement des affaires – Technologies propres, Dimitri Tsingakis, directeur général de l’Association industrielle de l’est de Montréal, Hélène Gignac, directrice du Centre de transfert technologique en écologie industrielle de Sorel-Tracy, Daniel Normandin, vice-président Partenariats stratégiques chez Quantis International, Hélène Lauzon, présidente du Conseil patronal de l’environnement du Québec, et Pierre Bélanger, président de la Maison régionale de l’industrie.

» Accédez aux présentations des conférenciers

» Visionnez les photos du déjeuner du GATE

» Écoutez le reportage du journaliste Rémy Perras d’Au Microphone

 

 

ctteiCentre de transfert technologique en écologie industrielle

D’entrée de jeu, Hélène Gignac, directrice du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI) de Sorel-Tracy, a fait le parallèle entre l’écologie industrielle et la nature, où il n’y a pas de rejets – le fameux rien ne se perd, rien ne se crée. L’écologie industrielle tente de s’en approcher le plus possible.

Comment? Par l’écoconception, l’analyse du cycle de vie, les technologies propres, la réutilisation des matières résiduelles, entre autres. Bref, des outils que chaque entreprise individuellement peut utiliser pour réduire son empreinte environnementale. Le portail Bourse des résidus industriels du Québec (BRIQ) permet d’ailleurs aux entreprises d’afficher et d’échanger leurs matières résiduelles.

Mais on peut aller plus loin : en créant ce qu’on appelle des symbioses industrielles. C’est-à-dire créer un réseau d’entreprises qui s’échangent et partagent des matières, de l’énergie, de l’eau, des services et du personnel.

« Il existe deux types de synergie, explique Mme Gignac : les synergies de substitution, quand les résidus des uns deviennent les ressources des autres, et les synergies de mutualisation, on parle alors d’approvisionnement commun en matières premières, de mutualisation de services, de partage d’équipements ou encore de ressources humaines. »

On dénombre 59 symbioses industrielles dans le monde, dont cinq au Québec (Bécancour, Lanaudière, Rivière-du-Loup, Shawinigan et bientôt Centre-du-Québec).

Besoin d’un coup de main pour mettre en valeur vos résidus, développer des écoproduits ou regarder la possibilité d’implanter une symbiose industrielle? Le CTTEI de Sorel-Tracy peut vous aider.

quantisQuantis International

Alors que des entreprises hésitent à prendre le virage vert pour des raisons financières, Daniel Normandin, vice-président Partenariats stratégiques chez Quantis International, pose plutôt la question : quel sera le coût de ne PAS adhérer au développement durable…

Car il y a effectivement un mouvement fort dans le secteur privé en Amérique du Nord et en Europe. Plus près de nous, l’Espace québécois de concertation sur les pratiques d’approvisionnement responsable a été créé, qui réunit des acheteurs d’organisations privées et publiques, de centres de recherche, d’ONG et des experts-conseils.

M. Normandin a ensuite creusé le concept d’analyse du cycle de vie (ACV), une des expertises de Quantis International.

L’ACV est un outil permettant de quantifier l’empreinte écologique d’un produit, de sa conception à sa fin de vie utile. Il est aussi possible de mener une analyse du cycle de vie sociale (ACV sociale) : on évalue alors les comportements (travailleurs, communautés locales, consommateurs, acteurs de la chaîne de valeur, société) plutôt que les procédés.

En pratique, l’approche cycle de vie commence par un bilan de l’organisation et de toutes ses activités (approvisionnement, R&D, fabrication, distribution, etc.). Cela permet de cibler les points chauds et de prioriser les actions. On fait ensuite le bilan des produits, puis des procédés, emballages, ingrédients, etc.

Au final, l’ACV permet notamment aux entreprises, grandes ou petites, d’utiliser les ressources plus efficacement, d’orienter une politique d’approvisionnement responsable, de supporter une démarche d’écologie industrielle ou d’écoconception.

Et de déboulonner certains mythes : par exemple, l’impact environnement de la production de zucchinis est plus grand que celui de l’emballage qui permet une meilleure conservation.

 

aiemAssociation industrielle de l’est de Montréal

Dimitri Tsingakis, directeur général de l’Association industrielle de l’est de Montréal, est venu témoigner de l’expérience en écologie industrielle du parc industriel de Montréal-Est.

Les 13 entreprises membres de cette association, principalement dans les secteurs pétrochimique et métallurgique, tirent profit de synergies de mutualisation (partage de services, mise en commun de savoir-faire, partage de ressources pour l’intervention d’urgence, harmonisation des processus – gestion du risque et relations avec la communauté) et de substitution (eaux de refroidissement, air comprimé, eau d’incendie, location de réservoirs, vapeur, gaz de raffineries, matières résiduelles). Les entreprises ont réussi à diminuer leurs impacts environnementaux et à réduire leurs coûts en bouclant des flux de matière et d’énergie.

L’Association a ainsi repensé l’avenir même du parc industriel, qui a vécu plusieurs fermetures d’usine.

M. Tsingakis a par la suite élaboré sur les facteurs de succès internes d’une synergie écoindustrielle, dont :

  • Présence d’un champion
  • Coordination entre les partenaires
  • Partage d’information, confiance, coopération
  • Faisabilité technique et économique des synergies
  • Présence des compétences requises

Il n’a pas manqué de souligner l’apport essentiel des instances gouvernementales et académiques pour favoriser la mise sur pied de synergies et faire progresser les connaissances.

Ne manquez pas le prochain déjeuner du GATE : le 7 juin 2013 à l’Hôtellerie du Boulevard!

 

Reportage de Rémy Perras, d’Au Microphone

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