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Josiane Guay

25 octobre 2013

Politique industrielle: des mesures pour propulser le secteur industriel québécois

Auteur : Josiane Guay

La Chambre de commerce de Sherbrooke recevait la semaine dernière la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb. Lors d’un diner-conférence qui a réuni une centaine de convives, la ministre a présenté la Politique industrielle 2013-2017, une offensive de plus de 684 millions $ en crédits d’impôt aux PME manufacturières et en investissements.

Élaine Zakaïb

En additionnant les mesures fiscales prévues à la Politique économique et les initiatives inscrites à la Politique nationale de la recherche et de l’innovation et au Plan de développement du commerce extérieur, c’est plus d’un milliard de dollars que le gouvernement du Québec injectera au cours des prochaines années pour soutenir le secteur industriel.

Au-delà de ces chiffres, la ministre Élaine Zakaïb s’est surtout attardée à détailler plusieurs mesures destinées à augmenter la productivité et la compétitivité des entreprises manufacturières québécoises. Ces initiatives, déjà en vigueur dans certains cas, agissent sur les trois « déterminants de la compétitivité » : la technologie, la taille des entreprises et l’innovation – qui réfèrent aux trois axes de la Politique industrielle.

» Accédez à la Politique industrielle québécoise 2013-2017

Avec ses trois axes, la Politique industrielle québécoise agit sur tous les fronts, à court terme avec les crédits d’impôt, à moyen terme avec nos fleurons et à long terme parce qu’il faut qu’on se démarque avec l’innovation, résume la ministre Élaine Zakaïb.

 

Axe 1 – Des entreprises vertes et modernes

« Nos entreprises manufacturières doivent prendre le virage de la modernité », insiste la ministre Zakaïb. Concrètement, ça veut dire automatiser et robotiser les procédés de fabrication et faire une utilisation plus intensive des technologies de l’information et des communications (TIC).

Pour aider les PME manufacturières dans leurs efforts de modernisation de leurs équipements, la Politique industrielle prévoit plusieurs mesures sous forme de crédits d’impôt. (Voir un aperçu des mesures)

Parallèlement, le tournant vers le développement durable n’est plus un choix mais une nécessité pour les entreprises, martèle la ministre Zakaïb. Il faut « verdir » nos entreprises!

On parle notamment de créer un « label Québec vert » et d’aider les entreprises à l’obtenir pour que « nous soyons mondialement reconnus ».

Aperçu des mesures de l’axe 1

  • Bonification de 10 % du crédit d’impôt à l’investissement (CII) – qui passera ainsi de 20 à 50 % selon les régions. Les dépenses liées à la construction et à la rénovation de bâtiments, de même qu’à l’achat de matériel informatique de production seront désormais admissibles.
  • Nouveau crédit d’impôt de 25 % couvrant les dépenses d’acquisition et d’intégration des TIC dans les entreprises, notamment comme outils de gestion et dans les chaines de production
  • Subvention couvrant jusqu’à 50 % des coûts de conseillers experts référés par les directions régionales du MFEQ pour le diagnostic, l’élaboration d’un plan, le choix d’une architecture technologique et l’optimisation des stratégies d’affaires des PME
  • Nouveau programme du ministère des Ressources naturelles (ÉcoPerformance) qui remboursera jusqu’à 50 % des dépenses admissibles pour la R&D, la démonstration, la précommercialisation et la diffusion de technologies émergentes
  • Soutien financier pouvant aller jusqu’à 75 % des dépenses pour implanter des mesures d’efficacité énergétique
  • Création d’un centre d’excellence en technologies manufacturières de pointe

 

Axe 2 – L’émergence de nouveaux fleurons

Afin de dynamiser et de renforcer son tissu industriel, le Québec doit favoriser le développement de moyennes entreprises. Car « les moyennes entreprises sont celles qui généralement ont une masse critique qui permet des économies d’échelle, une meilleure productivité, d’exporter et donc de créer de la richesse et de devenir des donneurs d’ordres », explique Élaine Zakaïb en citant BRP en exemple.

De concert avec Investissement Québec et les CLD, les bureaux régionaux du MFEQ élaboreront des plans régionaux d’intervention en entreprise. Le but : identifier 300 « gazelles », des PME souples, rapides, en forte croissance et susceptibles de devenir des moyennes entreprises – de 100 à 500 employés. Chacune des gazelles se verra assigner un chargé de projet qui pourra l’aider à gérer les risques associés à chaque niveau de croissance. La sélection se fera dans les prochains mois par les comités régionaux.

Ensuite, la Politique prévoit la cartographie des chaînes d’approvisionnement des grappes industrielles et des créneaux ACCORD. On vise ainsi à cibler les lacunes, puis de les combler en approchant des PME québécoises qui pourraient bonifier leur offre de produits ou en faisant de la prospection étrangère en vue d’attirer de nouvelles entreprises.

Aperçu des mesures de l’axe 2

  • Plans régionaux d’intervention ciblant des entreprises ayant un fort potentiel de croissance. On leur offrira un accompagnement personnalisé.
  • Nouveau fonds de 50 M$ (Capital Émergence) destiné à soutenir le démarrage d’entreprises manufacturières
  • Réduction de 300 M$ à 200 M$ du seuil d’investissement requis pour être admissible au congé d’impôt pour les grands projets d’investissement
  • Création d’un Institut du transport électrique

 

Axe 3 – L’innovation : de l’idée à la commercialisation

Le 3e axe de la Politique industrielle vise à augmenter la capacité d’innover des entreprises via notamment la Politique nationale de la recherche et de l’innovation. « L’innovation d’aujourd’hui devient le court terme de demain », souligne la ministre.

Différentes initiatives seront mises sur pied pour stimuler et favoriser les collaborations entreprises-chercheurs en vue de faire avancer des idées technologiques dont les entreprises ont besoin.

Et « parce qu’une idée, c’est créateur de richesse le jour où c’est commercialisé », l’État va notamment devenir un banc d’essai pour des produits novateurs.

Aperçu des mesures de l’axe 3

  • Création de trois nouveaux regroupements sectoriels de recherche industrielle : électrification des transports, nanotechnologies et bioalimentaire. Ces groupements réunissent entreprises, universités, centres collégiaux de transfert de technologie et autres organismes publics.
  • Mise en œuvre de trois à cinq projets mobilisateurs en partenariat entreprises-chercheurs, dont « un avion écologique, plus vert, plus léger, moins bruyant » (2e phase) et en électrification des transports
  • Création d’une plateforme web d’innovation ouverte, Québec Innove, afin de favoriser le maillage et la collaboration entre chercheurs et entreprises
  • Bonification de l’aide à la commercialisation de procédés et produits novateurs
  • Banque de services à tarifs préférentiels pour les PME qui s’engagent dans une démarche d’innovation (conseils en propriété intellectuelle, en droits des affaires, etc.)
  • Aide financière et technique pour le dépôt d’une première demande de brevet, de marque de commerce, etc.
  • Soutien financier et technique accru pour les entreprises technologiques en démarrage

À terme, la Politique industrielle vise à ce que la croissance de la productivité du travail dépasse le niveau de la moyenne canadienne. C’est aussi 25 000 nouveaux emplois que l’on prévoit créer, « des emplois durables, que nos jeunes auront le goût de combler parce que ce sont des emplois d’avenir ».

« Notre secteur manufacturier a tout ce qu’il faut pour réussir : le talent et la créativité, une main-d’œuvre qualifiée, des entrepreneurs fiers et innovateurs dans tous les secteurs et dans toutes les régions », affirme avec confiance la ministre Élaine Zakaïb.

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