Carrefour de l'information
nouvelles


Kruger diversifie sa production : investissements majeurs et changement de vocation pour l’usine de Brompton


aucun commentaire




Kruger a récemment annoncé des investissements totaux de 377,6 M$ pour diversifier ses usines de Brompton et de Trois-Rivières vers des créneaux de spécialité. Ces usines concentreront maintenant leur production vers de l’emballage alimentaire flexible, de l’étiquetage et de l’impression numérique.

Les investissements de Sherbrooke sont les plus importants, avec 47,5 millions $ à l’usine de Brompton et 4,8 millions $ pour la Centrale de cogénération à la biomasse adjacente à l’usine. Réalisé avec la participation du gouvernement du Québec, ce projet majeur contribuera au maintien des 248 emplois de l’usine de Sherbrooke.

« Ça me permet de me dire que dans 20 ans je vais être encore ici, confie à la Tribune Samuel Goyette, employé de l’usine de Brompton depuis un peu plus d’un an. Ça me donne un sentiment de confiance envers l’entreprise. »

La nouvelle entité Papiers de spécialité Kruger Holding S.E.C. regroupe les actifs des deux usines et de la Centrale de cogénération. Pour réaliser ce projet de diversification, la nouvelle entité de Kruger investira 107,5 millions $ au cours des trois prochaines années pour permettre aux usines de réduire graduellement la production de certains produits en décroissance, tels que le papier journal et le papier pour magazines, tout en accédant à de nouveaux marchés en croissance à travers le monde.

Des prêts et une garantie de prêt totalisant 59,8 millions $ seront versés par Investissement Québec à la suite d’une entente entre Kruger et le gouvernement provincial. Investissement Québec acquiert également une part de 37,5% (44,6 millions $) dans Papiers de spécialité Kruger Holding S.E.C. Les investissements serviront à l’acquisition de nouveaux équipements de production, la modification d’équipements existants, des améliorations techniques pour accroître la productivité, ainsi que diverses mesures d’efficacité énergétique.

La stratégie de diversification de ces usines s’appuie sur la complémentarité des différentes opérations de l’entreprise et c’est pourquoi le projet prévoit des investissements à la centrale de cogénération à la biomasse adjacente à l’usine de Brompton, ainsi qu’à l’atelier de pâte thermomécanique de l’usine de Trois-Rivières, qui approvisionnera les usines de Brompton et Wayagamack en matière première.

« D’arrêter de produire du papier journal est une bonne nouvelle quand même pour l’industrie, a souligné pour sa part le président Joseph Kruger. Les autres usines qui en produisent pourront ainsi rester ouvertes plus longtemps. »

L’approvisionnement additionnel de 100 000 tonnes métriques de copeaux de bois de plus par année aura également un impact positif direct sur le secteur du sciage au Québec.

De gauche à droite : François D’Amours, vice-président principal et chef de l’Exploitation, Papiers pour publications, Kruger; Philippe Couillard, premier ministre du Québec; Joseph Kruger II, président du Conseil d’administration et chef de la direction, Kruger; Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation; et Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.

À la conquête de marchés en pleine croissance

Le déclin des publications papiers amène Kruger à se tourner vers des marchés en forte croissance, tel que le commerce en ligne. La nouvelle entité des Papiers de spécialité de Kruger produira entre autres des emballages écologiques, des papiers pour emballages alimentaires, des produits d’étiquetage, etc. À la fin de la transition prévue sur trois ans, l’usine de Brompton cessera complètement de produire les 200 000 tonnes par année de papier journal qu’elle produit actuellement pour se consacrer exclusivement aux nouveaux produits de spécialité.

 Les papiers de spécialité développés par Kruger contiendront des filaments de cellulose (FC), biomatériau de nouvelle génération agissant à titre d’additif de renforcement. Cette offre exclusive à Kruger est fabriquée dans la toute première usine de FC au monde, à Trois-Rivières. Des tests menés par l’entreprise ont démontré que l’ajout de FC contribuera à rendre les produits à la fois plus résistants, plus légers et plus durables.

« C’est un exemple extraordinaire de transformation industrielle, déclare le premier ministre Philippe Couillard. L’avenir n’est pas rose pour le papier journal et c’est maintenant qu’il faut changer de produits. Kruger a pris la bonne décision. »

« Je ne pense pas qu’on va parler de problème de chômage en Estrie, expose le premier ministre. On va plutôt parler de pénurie de main-d’œuvre qualifiée. »

Sources : Kruger et La Tribune