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Virage innovant: 5 messages-clés aux manufacturiers


Josiane Guay aucun commentaire



Que vous soyez déjà convertis ou encore hésitants face à l’(essentielle) innovation en usine, la tournée Initiative manufacturière / Propulser nos manufacturiers innovants d’Investissement Québec a lancé 5 messages aux manufacturiers lors de son passage à Sherbrooke, le 10 février 2017.

Tournée Initiative manufacturière - Sherbrooke

D’abord, l’Initiative manufacturière, c’est :

  • Une tournée de mobilisation des acteurs du secteur manufacturier – vous! – sur l’importance d’innover pour être plus productifs, couronnée d’un forum national le 7 avril prochain
  • 1 milliard $ à la disposition des manufacturiers innovants québécois, via le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Investissement Québec et les partenaires de l’Initiative – Fonds de solidarité FTQ, STIQ, Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Groupement des chefs d’entreprise du Québec et la Fédération des chambres de commerce du Québec
  • Un plan d’action en 10 points pour augmenter la compétitivité des entreprises manufacturières et accroître les investissements privés, en s’attaquant à trois enjeux majeurs : main-d’œuvre, innovation de produits et de procédés et exportations

Pour en savoir plus » www.manufacturiersinnovants.com

Les intervenants qui se sont succédé sur scène ont transmis plusieurs messages importants, en même temps qu’une bonne dose de motivation à une foule record jusqu’à présent dans la tournée provinciale – 260 participants; un signal clair de l’intérêt de la région pour l’innovation!

  1. Il manque de projets innovants!

C’est l’appel à tous lancé par le PDG d’Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté, rappelant le milliard $ disponible auprès des partenaires de l’Initiative manufacturière.

  1. Le manufacturier est en croissance et en mouvance

« Fini le déclin; le secteur manufacturier est résilient et en réindustrialisation », a annoncé d’entrée de jeu Antoine Audy-Julien de Deloitte dans son topo du Québec manufacturier.

À l’échelle provinciale, le PIB manufacturier a en effet progressé de 3 % de 2012 à 2014. En Estrie – 7e région manufacturière au Québec –, les investissements en immobilisations ont fait un bond de 42 % entre 2008 et 2016.

Dans la même veine, la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade, a indiqué qu’il n’était pas question d’une économie traditionnelle et d’une nouvelle économie, mais bien d’« une seule économie, appelée à se transformer, peu importe les secteurs ».

  1. Plusieurs opportunités de croissance se présentent au manufacturier
  • L’industrie 4.0, avec sa panoplie de nouvelles technologies connectées

Celles-ci visent davantage à collaborer avec l’humain qu’à le remplacer, d’où les nouvelles compétences qui font leur entrée en usine.

La ministre Anglade ajoute à cet effet que l’objectif « en se modernisant et en augmentant notre productivité, [c’est] d’être plus performants sur les marchés internationaux, de faire croître nos parts de marchés […] et conséquemment, de pouvoir faire des embauches ou de maintenir [le nombre d’emplois] ».

La ministre a par ailleurs insisté sur les deux vecteurs de la croissance de la productivité : la modernisation et l’éducation – et le besoin sous-jacent de pallier l’écart de compétences et la pénurie de main-d’œuvre.

P.S. STIQ développe une certification usine 4.0. À suivre!

  • Les États-Unis, notre plus gros client d’affaires

Oui, des incertitudes planent depuis l’élection de Donald Trump – réouverture de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), protectionnisme américain –, mais le Québec reste le plus grand partenaire commercial de 30 des 52 États américains, fait valoir Antoine Audy-Julien. « Il faut donc continuer à exploiter ce marché, mais à s’adapter. »

C’est l’attitude qu’a adoptée le fabricant de véhicules industriels électriques sherbrookois Motrec International. « Nous avons décidé de plutôt voir les menaces comme des opportunités », témoigne son président, Blair McIntosh.

Et la ministre Anglade de renchérir : « Répondre au protectionnisme américain par du protectionnisme en retour serait la pire affaire à faire. »

  • Les accords de libre-échange

Notamment l’Accord économique et commercial global avec l’Union européenne, qui vient d’être ratifié par le Parlement européen et qui devrait entrer en vigueur d’ici quelques semaines, éliminant plus de 98 % des droits de douane.

Mais attention, plusieurs aspects doivent être bien évalués avant de se lancer à l’export – fiscalité, commercialisation, propriété intellectuelle, règles d’origine, main-d’œuvre, conformité réglementaire –, prévient l’avocat-conseil chez BCF Didier Culat. La clé est de se préparer et de se faire accompagner, résume-t-il.

  • La substitution des importations manufacturières

Une piste pour produire ici ce qu’on importe actuellement de là-bas. Plusieurs secteurs présentent des occasions d’affaires, fait valoir Antoine Audy-Julien : machinerie et instrumentation – dans le top 3 des secteurs phares en Estrie! –, médicaments et matériel médical, véhicules et pièces de matériel de transport, etc.

  1. Innover ou mourir

Le directeur général des Entreprises Dauphinais à Sherbrooke, Sylvain Roux, est catégorique : si l’entreprise n’avait pas pris le virage de l’innovation ces dernières années, elle n’existerait plus aujourd’hui.

Depuis cinq ans, le fabricant de comptoirs réfrigérés s’est réinventé en misant sur l’innovation de produits pour radicalement diversifier ses marchés. « 85 % de notre chiffre d’affaires vient des produits que nous avons inventés, pour une clientèle beaucoup plus variée », déclare fièrement le dirigeant.

  1. Osez innover, avec passion

« Osez innover et faites-en une culture d’entreprise! conseille encore Sylvain Roux. Ça implique une dose d’inconnu et d’inconfort, qu’on doit tourner en force positive, mais c’est payant! »

Par exemple, chez Les Entreprises Dauphinais, les équipes de travail sont multidisciplinaires, pour décupler les solutions innovantes aux défis du quotidien.

L’innovation est aussi au cœur des pratiques chez Conceptromec à Magog : « Les idées viennent du plancher, des comités, expose le président Stéphane Bégin. Les employés veulent se développer, et se dépasser; il faut leur donner cette opportunité. »

« Et soyez passionnés », renchérit-il. C’est la clé pour oser innover!


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